Clichés de Gaikokujin

10 photographies argentiques - Noir et blanc - série exposée en 2023

Né au milieu des années 80, je fais partie de cette génération bercée par les mangas, les jeux vidéo et, plus largement, par la culture japonaise tant historique, culinaire que sociétale. Lorsqu'en 2015, ma compagne et moi avons décidé de nous envoler pour le Japon, une question cruciale s'est posée au photographe que je suis :

Comment réussir à capturer le « voyage d’une vie » ?

N'ayant pas trouvé de réponse, j'ai abordé ce séjour comme l'opportunité de bousculer ma pratique, tant sur le fond que sur la forme.

Ayant débuté la photographie à la fin des années 2000, j'ai fait mes armes en numérique. Si cette technologie offre une formidable souplesse d'expérimentation, elle s'accompagne aussi de mauvaises habitudes. Pour ce voyage, il me semblait indispensable de revenir au support photographique existant au moment où j'ai commencé à me fasciner pour ce pays : la pellicule.

L'argentique impose plusieurs contraintes dont une que je trouve salutaire. Le nombre limité de déclenchements oblige à s'ancrer dans le moment présent, à être pleinement attentif à ce qui nous entoure. Pour pousser cette démarche de sobriété encore plus loin et m'impliquer totalement dans chaque image, j'ai choisi de partir avec un objectif unique : une focale fixe de 28mm.

Le dernier arbitrage concernait le choix de la couleur ou du noir et blanc. La décision s'est imposée d'elle-même. Le noir et blanc simplifie la lecture de l'image et lui confère une dimension intemporelle. De plus, il me permettait de maîtriser l'ensemble de la chaîne de création : le développement des films et le tirage sur papier.